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Discours d’investiture de Gilles Simeoni

DISCOURS TENU PAR GILLES SIMEONI A L’OCCASION DE SA PRISE DE FONCTION
Bastia, sabbatu u 5 d’aprile 2014

Chers collègues, Mesdames, Messieurs,
C’est bien sûr avec une profonde émotion que je partage avec vous ce moment.
Dimanche dernier, le suffrage universel a tranché.


Les Bastiais ont décidé, librement, en leur âme et conscience, de désigner une nouvelle majorité municipale qui administrera les affaires de la commune pour les six années à venir.
Cette majorité municipale a pris, devant ses électeurs, devant tous les Bastiais, et, au-delà, devant les Corses dans leur ensemble, des engagements extrêmement forts, tant en termes de méthode qu’en ce qui concerne le projet et la vision de la ville que nous allons concrétiser :
Concernant la méthode, nous allons  mettre un terme aux pratiques antidémocratiques qui ont trop longtemps caractérisé la vie publique dans notre Cité et dans notre île : chantage à l’emploi et au logement, pressions multiples sur les électeurs ou les personnels des collectivités publiques, dérives en matière de marchés ou d’argent publics. Ce que nous voulons faire est, clairement, une révolution tranquille : celle de mettre la démocratie au cœur de chacun des actes de la vie communale. Cet objectif fondateur est le premier ciment de l’accord politique et du contrat de mandature conclus entre les forces politiques qui composent la nouvelle majorité municipale ;

Cette méthode et cette vision renouvelée de l’action publique sont mises au service du projet qui nous rassemble : construire un Bastia dynamique, rayonnant, fier de son identité et ouvert sur son environnement proche (celui par exemple des communes, intercommunalités et pieve du Cap Corse, du Nebbiu, de Marana-Casinca), mais aussi un peu plus large : l’Europe et la Méditerranée qui doivent devenir pour nous des horizons d’action naturels et féconds.

La confiance massive que nous ont témoigné les Bastiais, l’espoir et l’enthousiasme suscités par notre démarche, particulièrement auprès de la jeunesse, nous engagent et nous obligent, avec une force impérieuse dont nous avons bien évidemment tous pris la mesure.
Nous n’avons donc d’autre choix que celui d’être, individuellement et collectivement, à la hauteur des enjeux et des devoirs qui sont les nôtres.
Il m’appartient, en ma qualité de Maire, d’impulser le changement profond attendu et de garantir que les promesses faites devant le peuple seront respectées.
Je prends la mesure de la responsabilité qui est la mienne et suis bien sûr prêt et totalement déterminé à l’assumer.
En ce moment particulier où je prends mes fonctions, ma première pensée va bien sûr aux milliers de femmes et d’hommes qui, depuis cinquante ans, générations après générations, se sont battus pour la défense de notre langue, de notre terre, de notre identité, de notre droit au développement et à la démocratie.
Bien sûr, comme toute lutte, la notre a eu sa part d’excès, d’erreurs, et de dérives. Une part douloureuse, certainement trop large, et sur laquelle nous devons poser un regard lucide et critique pour rompre avec les erreurs du passé.
Mais l’évidence est là : ce sont les combats et les sacrifices, sous toutes leurs formes, de générations de militantes et de militants politiques, culturels, et associatifs, qui ont préparé et permis le moment que nous vivons aujourd’hui ensemble.
Dopu à tanti strazii, à tanti strapazzi, à tanti sacrifizii, hè ghjunta l’ora di a cugliera è di a spartera.
Ci tocca à esse degni di tuttu cio chi hè statu suminatu.
Ci tocca à tene à mente chi a strada deve firmà dritta, chi un emu micca u dirittu d’addibulisce, o di scaglià.
U curaggiu, un ‘hè micca solu d’impittà si contr’à l’oppressione o l’alienazione.
E dinù d’avè a forza di di no à i soii quand’elli si sbaglianu, di fà e scelte in funzione di l’interessu generale, o di francà i passi ch’ellu ci vole à francà per permette à l’idee di duvintà fatti.
E parolle, s’elle ùn passanu ind’è l’atti, valenu pocu è micca.
Ci tocca duncque à fà a prova, in modu cuncretu, chi a nostra andature è e nostre scelte vanu sempre à paru cùn cio chè no dimu è cio chè no scrivimu.
Hè un duvere maio, di pettu à quelle è quelli d’oghje, è dinù à quelle è quelli chi funu.
A toutes et à tous, et particulièrement à ceux qui nous ont quitté ou ont payé leur engagement de leur vie ou de leur liberté, je veux rendre un hommage solennel.
La fidélité à ce combat s’exprime, en ce qui me concerne, dans les deux aspects indissociables de mon engagement politique : la défense des intérêts collectifs du peuple corse, et la conviction intangible que l’action démocratique, et l’action démocratique seulement, est de nature à permettre l’avènement de la société corse émancipée pour laquelle nous nous battons.
Nos partenaires de la majorité municipale ne partagent pas cette approche : ils placent au cœur de leur identité politique leur attachement à la République une et indivisible.
Les points de vue sont différents. Le dialogue et le travail commun à venir nous démontreront, à mon avis, qu’ils sont parfaitement conciliables.
Quoi qu’il en soit, personne n’a demandé à l’autre de renoncer à ses convictions : les différences et les divergences existent.

Elles sont assumées et traitées de façon loyale, dans l’écoute et le respect réciproques.
Surtout, il y a la volonté d’avancer ensemble autour de l’essentiel : construire et développer la ville, dans la démocratie et dans la transparence.
Il ne saurait y avoir de place, dans notre démarche, pour l’esprit de parti ou les logiques partisanes.
Je serai le Maire de tous les Bastiais, et la majorité municipale sera au service de tous les Bastiais, quelle que soit leur opinion politique.
La victoire de dimanche dernier n’est pas la victoire d’une famille politique, encore moins celle d’un camp sur un autre.
Elle est celle d’une dynamique collective d’union et de rassemblement, qui a vocation à s’enraciner et, bien sûr, à s’élargir à d’autres forces politiques.
Elle est celle aussi de l’immense espoir suscité par le choix de la construction commune et de l’apaisement, par opposition à celui du sectarisme et du conflit.
Je souhaite maintenant, comme c’est la règle en démocratie, me tourner vers l’opposition municipale : la campagne électorale est désormais derrière nous. En ce qui nous concerne, vous le savez, nous vous respectons profondément au plan personnel et humain et souhaitons que vous soyez garantis dans vos prérogatives, afin de vous permettre de défendre vos idées et vos propositions dans les meilleures conditions.
Vous trouverez en moi un interlocuteur attentif et je suis, bien sûr, à votre disposition pour que nous réfléchissions ensemble aux meilleurs moyens de garantir le fonctionnement harmonieux et efficace de la démocratie communale.
En ce qui concerne la majorité municipale, les objectifs sont clairs.
Ensemble, nous allons développer notre Ville, renforcer son attractivité économique, touristique et commerciale.
Ensemble, nous allons renforcer le lien entre les quartiers, entre les acteurs de terrain, entre les générations, entre ceux qui ont suffisamment et ceux qui n’ont pas assez.
Ensemble, nous allons faire de notre langue et de notre identité collective un facteur d’intégration, de cohésion sociale, et d’ouverture sur l’Europe et l’espace méditerranéen.
Ensemble, nous allons donner à tous les Bastiais, et particulièrement à notre jeunesse des perspectives de logement, de travail, de culture, de rendez-vous sportifs et festifs, et tout simplement de bien-être et de bonheur.
Nous le ferons de façon progressive, mais nous le ferons.
Nous commettrons notre part d’erreurs, mais nous le ferons.
Peut être il y aura-t-il des difficultés imprévues, des tensions, des impatiences, mais nous le ferons.
Nous le ferons en travaillant de concert avec toutes les forces vives de cette ville : les entreprises, les associations, les comités de quartiers que nous allons créer, les clubs sportifs, les étudiants et lycéens, les chômeurs, les travailleurs sociaux…
Nous le ferons en renforçant les synergies avec les partenaires institutionnels comme la Chambre de Commerce et d’Industrie, la CTC, et bien sûr l’Università di Corsica.
Nous le ferons en demandant à l’Etat d’être enfin, ce qu’il n’a jamais été jusqu’à aujourd’hui, un partenaire loyal dans notre combat pour la transparence et la démocratie.
Nous le ferons aussi, bien sûr, en nous appuyant sur la première ressource humaine sur laquelle la Ville de Bastia peut compter : le personnel communal dans son ensemble, dont nous savons la compétence, l’implication, et l’attachement au service public et à la Ville. A tous et à chacun individuellement, quel que soit son grade ou sa fonction, je veux dire que la nouvelle majorité municipale est heureuse de pouvoir compter sur vous, et que nous travaillerons ensemble au service de Bastia.
Mes Chers collègues, Mesdames, Messieurs, nous voici donc au seuil d’une ère nouvelle.
Pour Bastia, de façon évidente, mais aussi et probablement pour la Corse.
Nous le savons bien : ce qui se joue à Bastia concerne bien évidemment et au premier la gestion de la Ville, son développement, ses enjeux urbains et péri-urbains.
Mais ce que nous avons fait ensemble, en unissant nos forces dans la démarche « Bastia. », a une portée et un sens politiques profonds, qui dépasse de loin les seuls enjeux locaux.
C’est sans doute la force des symboles qui permet d’en prendre au plus près l’exacte mesure.
Il y aura aujourd’hui samedi 5 avril 2014, un nationaliste corse, qui, en sa qualité de Maire de tous les Bastiais, ceindra l’écharpe tricolore pour rendre, en compagnie de son conseil municipal, un hommage solennel à nos Morts, qui sont les morts de chaque famille corse et donc de la Corse toute entière.
Et il y aura demain 6 avril 2014 à 11 h, l’hommage que, pour la première fois, le Maire de Bastia et son conseil municipal rendront à Pasquale Paoli à l’occasion du 289ème anniversaire de sa naissance.
Pasquale Paoli qui fut certes le père de la Nation Corse (« U Babbu di a Patria »), mais qui fut aussi et tout autant un Homme des Lumières, qui plaça au cœur de son œuvre et de son action politiques les valeurs d’ouverture, de tolérance, de liberté, d’égalité et de fraternité.
Des valeurs finalement communes à celles et ceux qui, dans la Corse contemporaine, se sont longtemps tournés le dos et ont désormais vocation à travailler ensemble, au service de l’intérêt général, et pour construire un avenir d’espoir et de paix pour la jeunesse de ce pays.
C’est ce que nous avons fait à Bastia.
Il reste beaucoup à faire, et le chemin sera encore long, incertain, parsemé d’obstacles et d’embûches.
Mais les plus longues marches commencent par un pas.
Et ce pas, nous l’avons fait ensemble.
Dans une île morcelée depuis trop longtemps par les antagonismes violents, livrée à la logique des clans et des factions, nous avons fait le choix clair et assumé de la construction politique démocratique, des différences et des divergences politiques tranquillement et loyalement débattues, de la logique de convergence au service de l’intérêt général.
Nous pouvons être fiers de ce choix.
Je suis fier de l’avoir fait avec vous.
C’est un beau jour pour Bastia et pour la Corse.
Tempu di lume è di
sole, è ora di felicità.
E cusi sia !

Gilles SIMEONI

2 Cummenti

  1. Dominici J Claude

    Nous te remercions,Gilles,pour ce discours qui nous va droit au cœur et je suis sur que tu réussiras dans cette immense construction.Tu as su rallier à notre idéal les forces politiques qui hier nous tournaient le dos .Je maintiens l’adage des révolutionnaires Sud-Américains dans les années 1955/1960 (j’étais au Venezuela à cette époque quand les forces démocratiques se sont débarrassées du dictateur Perez Jimenes et qqs.années après un Corse Raul Leoni a été nommé President du Venezuela)…:EL PUEBLO UNIDO JAMAS SERA VENCIDO .Basgi a tutta Squadra di a nova Meria di Bastia e preghemu per a riesciuta di stu avenne per Bastia :UN ´ALBA NOVA SPUNTA IN BASTIA. A prestu e seremu sempre a fiancu a voi.

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  2. Niellu LECA

    E noi, simu fieri di te è ti ringraziemu per Bastia è per u Populu Corsu. Che a strada che tu hai aperta sia infine quella di l’unione di tutti i nostri è di a rinascita di a nostra Patria.

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